3 mai 2026
Rédaction Combattre la dépression

Déprime ou dépression : le test rapide en 9 questions (résultat en 2 minutes)

Mains tenant un carnet et un stylo sur une table en bois, ambiance de réflexion calme et bienveillante

En résumé : Vous traversez une période difficile et vous vous demandez si c'est une déprime passagère ou une vraie dépression qui demande une prise en charge ? Le PHQ-9 est l'auto-questionnaire validé internationalement pour faire la différence en 9 questions et 2 minutes. Ce guide vous présente le test, vous donne la grille de lecture officielle, vous explique les nuances entre déprime, mal-être et épisode dépressif caractérisé, et vous oriente vers la bonne ressource selon votre score.

Temps de lecture : 12 minutes

⚠️ Avertissement. Ce test est un outil de dépistage validé scientifiquement, pas un diagnostic. Si votre score est élevé ou si vous avez des idées noires, parlez-en sans attendre à votre médecin traitant ou appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24h/24, gratuit, anonyme).

Sommaire

Déprime ou dépression : la différence en clair

Beaucoup de personnes utilisent les mots « déprime » et « dépression » comme synonymes. Cliniquement, ce sont deux choses différentes.

CritèreDéprime / mal-être passagerDépression caractérisée
DuréeQuelques jours à 2 semainesPlus de 2 semaines en continu
IntensitéVariable, traversée de bons momentsConstante, presque tous les jours
PlaisirConservé pour ce qu'on aimaitDisparu (anhédonie)
ÉnergieBaisse modéréeEffondrement, fatigue physique
FonctionnementMaintenu (travail, relations)Affecté ou impossible
Idées noiresRares, fugacesPrésentes, persistantes
Réponse au reposAmélioration nettePas d'amélioration

La règle clinique fondamentale : la dépression caractérisée est une pathologie, pas une humeur. Elle modifie durablement la chimie cérébrale, la perception de soi et la capacité à éprouver du plaisir. Elle ne se « secoue » pas par la volonté.

Qu'est-ce que le test PHQ-9 ?

Le PHQ-9 (Patient Health Questionnaire — 9 items) est un auto-questionnaire mis au point en 2001 par les Drs Spitzer, Kroenke et Williams. Il est utilisé aujourd'hui dans la majorité des cabinets de médecine générale, des services de santé au travail et des unités psychiatriques du monde occidental.

Ses avantages :

  • Validé scientifiquement — sensibilité ~88 %, spécificité ~88 % par rapport à l'entretien clinique structuré ;
  • Court — 9 questions, 2 minutes en moyenne ;
  • Aligné sur les critères DSM-5 — chaque question correspond à un symptôme officiel de l'épisode dépressif majeur ;
  • Comparable dans le temps — refaire le test à 4 semaines d'écart permet de mesurer une évolution.

Ses limites (que nous détaillons plus loin) : il dépend de la sincérité du répondant, ne distingue pas dépression et burn-out à 100 %, ne remplace pas un avis clinique.

Mains écrivant dans une checklist sur un bureau ensoleillé, posture de réflexion paisible

Le test : 9 questions à vous poser

Pour chaque question, demandez-vous : au cours des 2 dernières semaines, à quelle fréquence avez-vous été gêné(e) par les problèmes suivants ? Notez :

  • 0 = Jamais
  • 1 = Plusieurs jours
  • 2 = Plus de la moitié des jours
  • 3 = Presque tous les jours
  1. Peu d'intérêt ou de plaisir à faire les choses qui vous plaisaient avant.
  2. Tristesse, abattement, désespoir — sentiment d'être déprimé(e) ou sans espoir.
  3. Troubles du sommeil — difficultés à s'endormir, réveils nocturnes, sommeil agité, OU sommeil excessif.
  4. Fatigue, manque d'énergie — sensation d'être vidé(e), même en l'absence d'effort particulier.
  5. Trouble de l'appétit — manque d'appétit OU consommation excessive de nourriture.
  6. Mauvaise opinion de soi-même — sentiment d'être un(e) raté(e) ou d'avoir déçu votre famille / vous-même.
  7. Difficultés de concentration — impossible de lire, regarder un film, suivre une conversation.
  8. Lenteur ou agitation — vous bougez ou parlez si lentement que les autres l'ont remarqué, OU au contraire vous êtes si agité(e) que vous ne tenez pas en place.
  9. Pensées sombres — pensées que vous seriez mieux mort(e) ou que vous voudriez vous faire du mal d'une façon ou d'une autre.

Comment calculer votre score

Additionnez vos 9 réponses. Le total se situe entre 0 et 27.

Le PHQ-9 a une règle critique supplémentaire : si vous avez répondu 2 ou 3 à la question 9 (pensées sombres / idées d'auto-agression), quel que soit votre score total, vous devez consulter un professionnel sans attendre. Cette question pèse plus lourd que toutes les autres.

L'interprétation de votre score

ScoreSévéritéConduite recommandée
0 – 4Aucune dépression / minimalPas d'inquiétude. Surveillez l'évolution si stress ponctuel.
5 – 9Dépression légère / déprime modéréeSoutien psychologique recommandé, pas nécessairement médicament. Hygiène de vie, sommeil, activité physique.
10 – 14Dépression modéréeConsulter le médecin traitant. Psychothérapie indiquée. Selon contexte, traitement médicamenteux discuté.
15 – 19Dépression modérément sévèreConsulter rapidement. Combinaison thérapie + médicament le plus souvent indiquée.
20 – 27Dépression sévèrePrise en charge immédiate, consultation psychiatre. Arrêt de travail et hospitalisation à discuter.

Cas particulier — la question 9. Toute réponse 2 ou 3 à la question sur les pensées sombres impose une consultation immédiate, indépendamment du score total. C'est un signal d'alerte clinique majeur.

Quand parle-t-on vraiment de dépression caractérisée ?

Le DSM-5 (manuel de référence des troubles mentaux) définit l'épisode dépressif majeur par la présence d'au moins 5 symptômes parmi 9, dont obligatoirement l'un des deux suivants : humeur dépressive OU perte d'intérêt et de plaisir. Ces symptômes doivent être présents :

  • Pendant au moins 2 semaines en continu ;
  • Presque tous les jours ;
  • Sur la majeure partie de la journée ;
  • Avec un retentissement fonctionnel (vie professionnelle, sociale, familiale affectée).

Ces critères correspondent exactement à ce que mesure le PHQ-9. Un score >= 10 avec persistance >= 2 semaines = forte présomption d'épisode dépressif caractérisé. Le diagnostic formel reste la responsabilité d'un professionnel après entretien clinique.

Pour mieux comprendre la frontière entre déprime et dépression, lire notre dossier déprime passagère ou véritable dépression et notre récap des signes de la dépression.

Que faire selon votre résultat

Score 0-4 : situation normale

Votre humeur est dans une zone fonctionnelle. Si vous avez fait le test « par précaution », pas d'inquiétude. Continuez à surveiller votre sommeil, votre activité physique et votre vie sociale, qui sont les trois meilleurs garde-fous.

Score 5-9 : déprime ou dépression légère

Vous êtes dans une zone de fragilité qui ne nécessite pas forcément un traitement médicamenteux mais qui mérite de l'attention. Mesures recommandées :

  • Activité physique 3 à 4 fois par semaine ;
  • Hygiène de sommeil rigoureuse (couché-levé réguliers, écrans coupés 1 h avant) ;
  • Réduction des facteurs de stress identifiables ;
  • Soutien psychologique : un psychologue, un coach, ou une thérapie de courte durée (8-10 séances de TCC) ;
  • Refaire le test à 4 semaines pour mesurer l'évolution.

Lire notre guide comment sortir de la dépression sans médicaments pour les leviers concrets.

Score 10-14 : dépression modérée

Vous avez probablement franchi le seuil clinique. Une consultation médicale s'impose dans les 2 semaines maximum. Le médecin traitant fera un bilan complet (entretien clinique, parfois bilan biologique pour écarter une thyroïde basse, anémie, carences). Une psychothérapie structurée (TCC, ACT, thérapie interpersonnelle) est presque toujours indiquée. La question des médicaments dépend du contexte (sévérité, antécédents, soutien social).

Score 15-19 : dépression modérément sévère

Consulter rapidement, dans la semaine. La combinaison thérapie + traitement médicamenteux est le standard de prise en charge à ce niveau. Un arrêt de travail temporaire est souvent nécessaire — voir notre dossier arrêt de travail et droits.

Score 20-27 : dépression sévère

Prise en charge urgente. Consultation médicale immédiate, idéalement avec orientation rapide vers un psychiatre. Le traitement combiné (psychiatrique + psychothérapeutique) est indispensable. L'hospitalisation peut être discutée selon les idées noires et le risque suicidaire. Si vous lisez ces lignes avec un score à 20+, appelez le 3114 ou présentez-vous aux urgences psychiatriques de votre secteur.

Scène de consultation thérapeutique chaleureuse, deux personnes dans un cabinet de psy, ambiance d'écoute

Les limites du test PHQ-9 — à savoir

Le PHQ-9 est précieux mais imparfait. Quatre limites doivent être gardées à l'esprit :

  1. Il ne distingue pas dépression et burn-out à 100 %. Beaucoup d'items du PHQ-9 (fatigue, perte de plaisir, troubles du sommeil) sont communs aux deux. Si votre malaise est strictement professionnel, lire notre dossier burn-out.
  2. Il ne mesure pas l'anxiété. Or beaucoup de dépressions sont mixtes (anxiété + humeur basse). Pour évaluer l'anxiété, le test GAD-7 est l'équivalent. Voir notre guide agir contre l'anxiété.
  3. Il dépend de la sincérité. Une personne qui minimise ses symptômes obtiendra un score artificiellement bas. À l'inverse, un mauvais jour peut faire surcoter.
  4. Il n'évalue pas la cause. Une dépression réactionnelle (deuil, rupture, licenciement) et une dépression endogène ont le même score mais des prises en charge nuancées.

Le PHQ-9 est un thermomètre fiable, ce n'est pas un médecin. Utilisez-le pour décider de consulter, pas pour décider de la prise en charge.

À retenir

Le test PHQ-9 est l'outil de dépistage le plus utilisé au monde pour la dépression. 9 questions, 2 minutes, un score sur 27. Il vous donne une indication objective pour répondre à la question « est-ce que c'est juste un mauvais moment, ou est-ce qu'il faut que je consulte ? ».

Si votre score est sous 5 : pas d'inquiétude. Entre 5 et 9 : vigilance et hygiène de vie. Au-dessus de 10 : consultez le médecin traitant. Au-dessus de 15 : consultez vite. Toute réponse 2-3 à la question 9 (idées noires) impose une consultation immédiate, indépendamment du score.

Pour aller plus loin sur la prévention quotidienne et le bien-être psychique, le site partenaire e-dialog.fr propose des ressources sur la communication thérapeutique particulièrement utiles aux personnes en début de prise en charge.

FAQ — questions fréquentes

Le test PHQ-9 est-il fiable pour diagnostiquer une dépression ?

Le PHQ-9 est l'outil de dépistage le plus utilisé au monde pour la dépression. Il a une sensibilité d'environ 88 % et une spécificité d'environ 88 % par rapport à l'entretien clinique structuré. Mais ce n'est qu'un dépistage : un score élevé n'est pas un diagnostic, il indique qu'il faut consulter un professionnel pour confirmer.

Que signifie un score de 10 au PHQ-9 ?

Un score de 10 correspond à la limite entre légère et modérée. Cliniquement, c'est le seuil d'alerte : la majorité des médecins traitants considèrent qu'à partir de 10, une consultation et une prise en charge sont indiquées. Un score de 10 ne veut pas dire dépression confirmée, mais il ne faut pas l'ignorer.

Combien de temps faut-il que les symptômes durent pour parler de dépression ?

Le critère temporel est central. Pour parler d'épisode dépressif caractérisé, les symptômes doivent durer plus de 2 semaines sans interruption significative, presque tous les jours, et la majeure partie de la journée. Avant 2 semaines, on parle de mal-être, de tristesse ou de déprime, pas de dépression.

Peut-on faire le test pour quelqu'un d'autre ?

Le test est conçu pour soi-même. Faire le PHQ-9 « pour quelqu'un » donne un résultat très imprécis car beaucoup d'items concernent le ressenti interne (estime de soi, fatigue subjective, idées noires) qu'on ne peut pas observer de l'extérieur. En revanche, on peut s'en servir comme guide d'observation pour repérer les signes chez un proche.

Mon score est élevé, qui consulter en premier ?

Le médecin traitant en premier. Il fera un bilan global (incluant un examen physique pour écarter une cause organique), pourra confirmer le score, prescrire un arrêt si besoin, et vous orienter vers un psychologue ou un psychiatre selon la sévérité. Le délai de rendez-vous chez un médecin généraliste est souvent plus court qu'en psychiatrie.

Le test est-il valable chez les jeunes ?

Oui, le PHQ-9 a une version adaptée aux adolescents (PHQ-A) qui modifie légèrement la formulation. Pour les ados, la formulation est en partie différente sur les questions d'estime de soi et d'isolement. À partir de 12 ans, le test est utilisable avec l'accompagnement d'un adulte de confiance.

 

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